Portrait d’une start-up révolutionnaire, de fait

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Changer le monde : voilà l’ambition d’Obole Digitale. Comment ? Pour quoi ? Pour qui ? Découvrez ici l’ADN d’une start-up révolutionnaire à proprement parler, avec Stanislas Billot de Lochner, co-fondateur et associé. Préparez-vous à frémir pour le bien commun !

Nous pourrons alors parler de frémissement de la société civile pour s’engager dans une vraie démarche de générosité. Une démarche qui fera tâche d’huile. Là, nous changerons le monde ensemble, et ce ne sera pas le succès d’Obole Digitale, mais le succès de tous ceux qui se seront engagés dans cette voie.

Stanislas Billot de Lochner

Voici 4 ans, vous créiez Obole Digitale avec Romain Husson, un camarade d’études. Qu’est-ce qui vous animait ?

Nous avions déjà lancé une boîte ensemble. Elle démarrait doucement. L’épanouissement était au rendez-vous. Mais elle n’avait pas d’autre intérêt que de faire du profit. Notre seul objectif ? Etre rentable et pérenne comme toute entreprise. Ça nous laissait sur notre faim. Nous avions envie de donner du sens à notre démarche entrepreneuriale. Mettre nos compétences au service du bien commun. Travailler pour permettre à tout homme de vivre dignement et de s’épanouir. Nous réveiller en nous sentant utile, au service de projets qui nous dépassent. C’est là qu’est née Obole Digitale.

Vous dites vous sentir utile. Que donnent en réalité vos mesures d’impact ?

Les services que nous avons lancés au fil du temps : bornes de dons sans contact, événements de levées de dons et stratégies innovantes de collecte, portent des fruits tangibles que nous n’imaginions même pas ! En termes d’impact, nous avons permis de lever 8 millions d’euros pour des associations géniales. Nous avons fédéré plus de 5 000 philanthropes prêts à s’investir pour le bien de tous. Nous avons enfin contribué à révolutionner la collecte de dons sur le terrain, grâce à nos outils innovants : nous comptabilisons aujourd’hui 160 000 transactions via nos bornes de dons.

Comment expliquer ce succès ?

Je pense que notre réussite repose sur notre ambition : lever le maximum de dons partout en France. Notre but n’est pas de dégager à tout prix du profit. Nous les associés [au nombre de 4] comme la vingtaine de collaborateurs sommes tous tendus vers un seul et même objectif : booster la collecte de dons, particulièrement auprès des philanthropes et des entreprises ainsi que des touristes. Notre succès est donc inhérent à notre raison d’être, à partir du moment où nous nous donnons les moyens de réaliser notre ambition.

Faire bouger les lignes de la générosité


Vos performances sont-elles aussi faciles à atteindre qu’elles n’y paraissent ?

Nous pouvons donner l’impression de surfer sur la vague. Mais nous prenons des risques énormes, souvent sans compter nos heures. Nous avons inventé des concepts à partir de rien, sans la moindre rentabilité.

Lesquels ?

Prenons La Nuit du Bien Commun et Le Voyage du Bien Commun. La forme de ces deux événements n’existait absolument pas en France jusqu’à présent. L’un ou l’autre associé d’Obole Digitale s’est investi bénévolement, sur du temps personnel, pour co-construire ces projets. Une totale gratuité, sans aucun calcul si ce n’est de faire bouger les lignes de la générosité. Et quelle surprise de constater a posteriori que ces deux innovations ont permis à Obole Digitale d’entrer dans une autre dimension. Qu’elles ont permis de démultiplier les levées de dons ces derniers mois. Qu’elles sont en somme de formidables leviers pour réaliser notre ambition.

Vous qualifiez La Nuit et le Voyage du Bien Commun d’innovations en France. Pourtant, ces leviers de performance ressemblent à s’y méprendre aux charity dinner, en vogue outre-atlantique. Vous inspirez-vous du modèle philanthropique anglo-saxon ?

Je ne pense pas. Si de loin, nos événements de levées de dons ressemblent aux charity dinner, nous les concevons de façon très différente de nos amis anglo-saxons. Tout simplement parce les pratiques américaines, assez clinquantes, ne marcheraient pas en France. Ici, la pudeur prévaut dans notre rapport à l’argent. Du coup, nous proposons une approche adaptée à la culture française, où simplicité et discrétion font la paire. Toutefois, cela n’empêche en rien de créer un maximum d’émulation et d’être particulièrement exigeant sur le professionnalisme de nos événements.

Quand le donateur devient investisseur


D’où vient donc votre inspiration ?

Nous nous inspirons beaucoup de « l’état d’esprit start-up »: recherche d’innovations technologiques et méthodologiques, offre de services qualifiés sur-mesure, recours à des pratiques éprouvées dans le milieu comme la méthode agile, implication maximale des collaborateurs dans les objectifs stratégiques de la boîte…

Vous parlez d’innovations méthodologiques : lesquelles mettez-vous en oeuvre auprès de vos clients ?

Nous aidons les associations à adopter une approche non seulement plus professionnelle mais aussi plus créative et inspirante pour attirer les dons. Nous les aidons également à vivre une transformation culturelle majeure. Ils doivent comprendre que si leurs donateurs n’attendent aucun retour financier, ceux-ci sont en revanche de plus en plus nombreux à porter un regard d’investisseurs : les voilà à examiner l’impact souhaité de leur engagement, grâce au Taux de Rentabilité Interne [indicateur financier mesurant la pertinence d’un projet et devenant ainsi un outil de décision à l’investissement]. Je m’explique : quand un philanthrope donne 50 000€ à une association, nous estimons qu’il est en droit d’attendre que son argent soit utilisé à bon escient, avec un impact maximal. Peut-être est-ce même un devoir ! Voilà l’une des stratégies innovantes que nous poussons auprès de nos clients.

Vos propres méthodes de travail adoptent-elles également cet état d’esprit start-up ?

Totalement. Toutes nos missions s’adaptent aux besoins des clients à un degré important : nul cahier des charges gravé a priori dans le marbre ! Nos collaborateurs sont parfaitement autonomes : nous déléguons au plus bas niveau. Nous espérons ainsi offrir à chacun, quelle que soit sa place, les conditions d’un épanouissement optimum, avec une forte courbe d’apprentissage. Enfin, tout le monde sait tout. Transparence totale ! Les collaborateurs connaissent notre situation comptable et partagent avec nous, associés, les mêmes objectifs de performance et la même vision entrepreneuriale. Nos clients savent quant à eux ce que nous faisons, avec qui, comment, pourquoi… Nous ne leur cachons rien.

Du sur-mesure pour soigner nos clients


Quels éléments vous différencient des autres start-up du secteur en France ?

Je vois cinq éléments spécifiques à Obole Digitale. Déjà nous faisons partie de ceux qui ne prennent aucune commission sur les dons. Ensuite, certains de nos événements et services, comme La Nuit et le Voyage du Bien Commun ainsi que l’application La Quête, ne nous rapportent absolument rien financièrement. Ces deux pratiques sont en totale cohérence avec nos valeurs.

Quid de vos trois autres spécificités ?

Premièrement, des événements comme La Nuit du Bien Commun, et prochainement L’Ouest pour le Bien Commun, sont gratuits : les associations ne déboursent pas 1 centime et les donateurs rentrent gratis. Ce sont des entreprises qui financent ces événements. Deuxièmement, lorsque nous proposons nos bornes de dons sans contact, nous ne nous situons pas comme de simples vendeurs. Nous accompagnons de plus en plus ces outils high tech de conseils personnalisés pour aider leurs propriétaires à lever le maximum de dons : où positionner les bornes, quels outils de communication utiliser, quel événement organiser… Troisièmement, nous organisons de A à Z des événements hors normes, qui collectent en moyenne trois fois plus que de l’événementiel traditionnel de collecte.

Avec toutes ces transformations que vous mettez en oeuvre, Obole Digitale fait-elle figure d’ovni dans un secteur plutôt en crise ?

Le terme d’ovni est un poil exagéré. Certains segments se portent bien, quand bien même les dons ont tendance a baisser. C’est le cas du crowdfunding par exemple. Quant à la notion de crise des dons, le problème repose davantage sur la capacité qu’a le secteur à renouveler ses approches de collecte plutôt que sur un éventuel assèchement des ressources. L’argent n’est pas une denrée rare, il y a des milliards à chercher partout. Tous les acteurs du secteur partagent ce constat. Reste à transformer les pratiques : c’est précisément là que nous avons un rôle prépondérant à jouer.

Objectif 100 M€ en 2022 pour changer le monde !


Obole Digitale porte-t-elle en elle même la promesse d’une grande espérance, celle de renverser la courbe descendante des dons en France, de manière exponentielle ?

Obole Digitale sera porteuse d’un tel changement si elle atteint ses objectifs chiffrés : 25 millions d’euros de dons collectés en 2020, 50 millions en 2021 et 100 millions en 2022. D’ici cette même année, nous cherchons à fédérer 30 000 philanthropes et à impliquer 100 entreprises de taille intermédiaire dans une démarche d’inclusion.

Qu’entendez-vous par démarche d’inclusion ?

En clair, nous souhaitons entraîner des dirigeants donateurs, à passer un cap dans leur générosité, en leur donnant les clés pour transformer leur environnement et, conséquemment, leur entreprise. Nous avons d’ores-et-déjà posé quelques jalons. Depuis quelque temps, nous offrons un cadre idéal lors de nos événements pour que ces dirigeants y invitent leur réseau et que tous fassent des dons substantiels. Nous sommes aussi parvenus à ce qu’une cinquantaine d’entreprises s’engagent à nos côtés, via du sponsoring, du mécénat financier ou du mécénat de compétences. Enfin, nous travaillons à pousser les Français, quelle que soit leur condition, à s’engager à donner 10% de leurs ressources à la philanthropie. Un travail lancé avec Denis Duverne, président d’Axa, et Serge Weinberg, président de Sanofi (voir l’initiative Changer par le don).

Quelle suite donner à cette démarche inclusive ?

Continuons d’une part à démultiplier ces collectes et ces partenariats. Aidons d’autre part les entreprises avec lesquelles nous travaillons à passer d’un niveau 1 : le dirigeant fait un don de sa poche, à un niveau 5 : l’ensemble des collaborateurs est impliqué pour que l’entreprise devienne un acteur du bien commun, à travers son cœur d’activité et son ADN. Si nous parvenons à embarquer 100 entreprises d’ici 2022, alors nous pourrons parler de frémissement de la société civile pour s’engager dans une vraie démarche de générosité. Une démarche qui fera tâche d’huile. Là, nous changerons le monde ensemble, et ce ne sera pas le succès d’Obole Digitale, mais le succès de tous ceux qui se seront engagés dans cette voie.

Propos recueillis par Vianney Repain

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